[DYK#2] Brabham BT46B, la F1 « aspirateur » !

La Formule 1 dans les années 70, c’est la course à l’innovation, ça bricole dans les garages à la recherche des meilleures perfs’. La belle époque !

La star à l’époque, c’est la Lotus 79 à effet de sol, elle colle au tarmac dans tous les virages, c’est LA voiture à battre.

Ah oui pardon… Si t’étais à côté du radiateur en cours de physique-chimie : l’effet de sol c’est quand tu canalises l’air sous la voiture avec des jupes latérales avant de diminuer la pression à l’arrière de la caisse. Résultats : plus de grip et plus de vitesse en virage !

La course à l’aérodynamisme est lancée et un jeune ingénieur bien inspiré à l’époque relève le défi de fumer les LotusBoys avec un véritable OVNI : Gordon Murray donne naissance à la Brabham BT46B !

Moteur Alfa Romeo, 12 cylindres à plats de 12litres, puissant mais aussi lourd que large ! A la recherche du fameux effet de sol, Murray greffe sur la BT46B, une monstrueuse turbine à ailettes placée sous l’aileron arrière créant un vide artificiel qui permet au bolide de générer de puissants appuis dans chaque virage. En d’autres termes, un ventilateur géant qui colle la caisse au bitume comme une ventouse ! (T’as pigé l’effet de sol ?)

Évidemment, ça ne plaît pas à tout le monde et du côté de la FISA (Fédération International du Sport Automobile) et des écuries concurrentes on se plaint de recevoir des cailloux sur le casque et on crie à l’illégalité. Ahhh les rageux !

Le petit malin dira aux inspecteurs techniques que son ventilo ne sert uniquement qu’à refroidir son moteur ! Mais bien sûr ! Eh bien si, c’est un peu gros comme excuse mais ça passe et le bolide est autorisé à s’aligner sur la grille du Grand Prix de Suède.

Pendant les essais, la BT46B est littéralement aspirée vers le sol et scotche tout le monde y compris son Papa qui restera sans voix : « je n’avais pas imaginé qu’elle irait si vite, elle est honteusement rapide ! » dira-t-il avec -comme on peut l’imaginer- une petite pointe de fierté !

Durant les qualifs, l’écurie Brabham ordonne à ses pilotes de rouler pépère pour ne rien dévoiler du potentiel de la monoplace de peur d’être disqualifié.

La bête reste sage jusqu’au 39ème passage… Et puis se réveille plus énervée que jamais dans les mains de Niki Lauda qui tient le volant, ouvre les gaz et après quelques tours de balade s’envole vers la victoire avec 34 secondes confortables d’avance !

Insupportable pour les loosers que cette voiture les humilie sur tous les Grands Prix, les directeurs d’écuries vont utiliser une vielle recette de grand-mère pour se débarrasser de la BT46B : la pression politique !

Le boss de l’écurie Brabham, « Mister E » était en lice pour devenir le patron de la FOCA (Formula One Constructors Association), le chantage était tout trouvé…

L’insolente et dérangeante BT46 sera alors la première victime de la course au pouvoir de Bernie Ecclestone, « Mister E », grand argentier de la Formule 1 et aujourd’hui 6ème plus grande fortune d’Angleterre…

On commence à deviner pourquoi la F1 est passée d’amateurisme à la cool à un business excessivement rentable dominé par les plus grands constructeurs…

Pour la petite anecdote, une autre voiture utilisera la technique de « l’aspirateur », la Red Bull X2010, (tu peux monter dedans dans Grand Turismo 5) mais elle était impossible à piloter, avec une accélération latérale de 8 g en virage, elle atteignait les limites de ce qu’un corps humain pouvait supporter !

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